Il est à peine 11h, mais il fait déjà nuit noire, pour un début de juillet.
Personnes dans les rues. Enfin, personne si on ne compte pas les toxicos en manque, avachis sur les trottoirs ; les alcoolos sortant des bars en hurlant des absurdités ; les putes, et j'en passe...
Je n'y fais même plus attention. Ca fait bientôt 8 ans que j'habite là, j'ai l'habitude.
Je jette un cou d'½il derrière mon épaule. Mes poursuivants sont toujours là. Hé merde !
Encore mon frère qui devait avoir des dettes par dessus la tête. Ils s'en prennent à moi pour le faire payer. Le coup classique. Ca aussi je m'y était fait.
Je m'engouffre dans une ruelle sombre. Je commence à avoir peur. Pourvu qu'ils ne m'aient pas vu ! Pourvu qu'ils ne me trouvent pas !
Je me colle à un mur humide, et puant l'urine, en rentrant mon ventre, et en me faisant la plus petite possible.
Hé Dieu, si t'existes, c'est le moment d'intervenir !
J'entends des pas qui s'approchent de moi. Des voix. Deux hommes. Je crois.
Ils arrivent.
- Putain elle est où c'te conne ? !
- J'sais pas mec ! Mais faut la trouver, sinon on va se faire démonte pas le boss, laisses tomber !
- Nette. Bon aides-moi à la chercher.
Ils se rapprochent de plus en plus de moi. Je sens leur souffle saccadé sur mon visage. Ils puent l'alcool.
Apparemment ils ne m'ont pas encore vu. Ca ne saurait tardé.
Soudain une main s'agrippe à mon bras. Je stoppe ma respiration.
- Ca y est mec, j'crois que j'l'ai trouvé...
Il m'attrape par les cheveux et m'entraîne un peu plus loin. Je suis tétanisée.
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J'en ai marre. Ca va bientôt faire bientôt 1h30 que le concert est terminé, j'suis carrément crevé, mais nan ils peuvent pas nous laisser rentrer chez nous.
Enfin chez nous... Si on peut appeler ça chez nous. Le bus de tournée quoi. Bon OK il est pas mal, mais bon c'est pas une baraque non plus.
Pff vraiment j'adore ce que je fais. J'adore ma vie, les gens avec qui je bosse, les gens que je côtoies etc., mais là j'ai vraiment besoin de prendre l'air.
De plus, le concert de ce soir, à Paris, était super crevant. La salle était remplie, on jouait à guichets fermés, et tout les médias étaient présents.
C'était beaucoup de stress accumulé, et j'avais besoins de décompresser seul, dehors si possible.
Je me lève de la chaise où j'étais assis, balance à mon frère, et à David que je dois prendre l'air, et me tire de la loge, direction : dehors.
Il fait encore chaud, normal, on est en été.
Il n'y a plus personne dehors, les fans ont désertées le terrain, mais je reste prudent, et met ma capuche.
De toute façon il fait tellement noir que personne ne pourrait me voir, en principe.
Je marchai, marchai, le long des trottoirs humide, observant les passants, le décor. Bizarrement, on différencie tout de suite un décor allemand d'un décor français. J'sais pas trop pourquoi à vrai dire, mais j'arrive toujours à faire la différence.
Plus j'avançais, plus je me sentais bien. Enfin de l'air frais, j'me sentais libre. C'est débile, avec la vie que j'ai j'suis libre de tout faire, mais là, j'me sentais vivre !
Hé mon vieux tu d'viens sentimental ?
Bof.
Je ne voyais même plus la salle de concert désormais. Je savais où elle était, mais ne la voyais plus.
Comme si j'étais perdu... Une vague d'excitation m'envahit soudain.
Je me stoppai, et m'adossais contre un mur de brique humide. Bon OK Paris c'est beau, mais la nuit... un peu douteux. Enfin, les gens étaient douteux.
J'étais perdu dans mes pensées, me demandant où était le prochain concert, quand une jeune fille passa en trombe devant moi.
Elle respirait mal, devait faire de l'asthme, et avait l'air terrifiée.
Je la regardai passé, sans trop me poser de question, mais soudain, deux mecs d'à peu près mon âge, et qui avaient pas l'air très clean, passèrent devant moi en courant. Ils poursuivaient la fille, on dirait. Bizarre.
J'avais pas trop envie de me mouiller dans des embrouilles douteuses, surtout ici et dans ses circonstances, mais la fille avait pas l'air très vieille, et j'avais une petite idée de ce qu'allait lui faire les mecs qui la coursaient. J'avais pas envie de faire comme si je n'avais rien vu. Ce s'rait dégueulasse. Si je n'intervenais pas, ces mecs allaient probablement gâcher sa vie.
Je me mets à courir moi aussi, du plus vite que je peux avec mon baggy, tout en essayant de me faire discret. Les deux hommes s'engagent dans une ruelles sale et puante.
Ils ont perdu la fille apparemment. Ils parlent, mais je n'arrive pas à comprendre ce qu'ils disent. Soudain, l'un d'eux la trouve, et l'attrape par les cheveux. Elle grimace, mais ne dit rien. Elle a peur. Il la cogne contre un mur et lui murmure :
- Tu connais Hakim Emy ?
- Jamais entendu parlé, répondit-elle, un peu provocatrice.
- J'te conseille de pas faire la maligne avec nous. Ton frère à des dettes. Grosses dettes. Alors, balance lui qu'il a deux option : - soit il nous paie, et tout ira bien pour ta jolie petite gueule ; - soit il tarde un peu trop, et là...
Il passe son index autour de son cou, arborant un large sourire de psychopathe.
Ils se marrent. Le mec de tout à l'heure décoche une droite à la fille, qui tombe à terre sur le coup, en saignant. Les deux enfoirés partent en se marrant comme des cons. C'est là que j'intervient.
- Hé mecs ! ! Z'avez pas honte de vous en prendre à une meuf qui vous a rien fait ?
Ils se retournent, cessent de rire.
- T'en mêle pas mec ! Son frère doit des tunes à mon boss. Et moi j'obéis aux ordres. C'est pas tes oignons !
- Les mecs dans ton genre, putain ça fait pitié !
Il fait me tire une gueule pleine de mépris, et se casse accompagné de son pote.
Dès qu'ils sont hors de vue, je me rus vers la fille, assise contre un mur, les mains autour de ses genoux.
Elle saigne de la lèvre. Je lui tends un mouchoir.
- Tiens prends ça.
Elle lève les yeux vers moi. Je ne parviens pas à distinguer son visage. Il fait trop noir, et de plus elle a une capuche sur la tête, tout comme moi.
- Qu'est ce que tu veux ?
- T'aider !
- Pff... remballes ta pitié et tires toi. J'ai pas besoin de gars comme toi sur le cul.
- J'te jure que je te veux rien de mal ! Faut qu'tu soigne ta baigne ! Ca saigne vachement ! Allé s'teuplè prends le mouchoir, ça te coûte rien !
Elle fait un semblant de sourire et prends mon mouchoir en se levant, puis s'en va en marchant.
Je me mets à courir pour la rattraper.
- Et tu vas faire quoi maintenant ?
- Rentrer chez moi, et m'expliquer avec mon frère pour savoir ce qu'il a encore fait comme connerie.
- Oh...
- T'es allemand toi nan ?
- Ca se voit tant que ça ?
- Ca s'entend surtout !
Nous avons quittés la ruelle, et sommes de retour en ville. Je peux enfin voir son visage. Elle marche, en arborant un superbe sourire, comme si rien ne s'était passé...
- Et qu'est ce que tu fais à Paname alors ?
- Euh ben... Je te retourne la question ? Qu'est ce que tu fait en plein dans Paris au beau milieu de la nuit ?
- J'me promène disons. J'habite en banlieue en fait. Mais t'as pas répondu à ma question !
- Tenace la p'tite !
- Plutôt ouais ! Alors ?
- De toute façon si j'te le disais tu me croirais pas !
Elle sourit, visiblement amusé de mon entêtement.
Soudain, une idée me traverse l'esprit.
- Tu sais quoi ? J'peux pas te le dire, mais j'peux très bien te le montrer.
Elle me regarde, étonnée.
Je la prends par la main, et l'invite à courir. Nous arrivons à la salle de concert.
Elle me lâche précipitamment la main.
- Hé wowowowowo là ! ! Tu me fais quoi ?
- T'es blessée, et de plus il fait nuit noire. Tu peux pas rentrer toute seule à cette heure là, trop risqué.
- J'l'ai d'jà fait pourtant.
- Oué ben c'est pas bien. Viens j'vais te donner de la glace, et après, un van te raccompagnera chez toi.
Je lui balance un superbe sourire, auquel elle ne me répond pas, elle reste perplexe un moment, et sourit à son tour.
Je l'entraîne dans la salle de concert, qu'elle examine recoins par recoins, comme un nouveau-né découvrant le monde qui l'entoure.
- Mais qu'est ce que tu fous dans une salle de concert ? Pis t'es qui pour avoir des vans à ta disposition ?
Je n'ai pas le temps de répondre à sa question, que Bill se précipite vers nous en courant, accompagné de David, et de Gustav et Georg.
- TOOOM ! ! Mais t'étais où purée ? On s'est fait un sang d'encre ! puis ses yeux se pose sur la fille, dont (je viens de remarquer) je ne connais pas encore le nom. Oh...
- Et c'est qui eux ?
Bill me regarde, étonné.
- Attend t'as trouvé une fille qui nous connaissait pas ? Nan c'est une blague !
- Salut moi c'est Georg, tu sais, uns de ses jours, on pourrait peut-être prendre un verre ensembles ou...
- J'suis pas libre un de ses jours, désolée.
Tout le monde explose de rire.
- Bon viens je vais te donner de la glace, et je t'explique tout après.
- Oué j'veux bien merci ! Parce que là j'ai bien peur d'être larguée en territoire inconnu !
Et voilà !! Voilà ma nouvelle fiction ! En espérant qu'elle vous plaise. Vraiment dites moi tout !! Soyez francs !!
Dites moi si vous voulez que je recommence litérallement ce chapitre car ca ne vous convient pas, si vous voulez quelques changements, pourquoi, etc. Enfin vos impressions quoi !
Merci beaucoup !
La suite dans 30 com'z !! Merci beaucoup !! J'espère de tout mon coeur qu'elle vous plaira autant que la précédente.
Voilà merci, et gros bisous à tous !!